Notre séjour au Grand Bornand







Plusieurs d’entre nous sont passés par Annecy avant de prendre le bus en direction du Grand Bornand, un jour, deux jours, ou seulement quelques heures… nous étions gelés ! et en effet, la région nous préparait, sans que nous nous en doutions, une semaine de rêve : toute la neige tombait ce week-end-là, et nous allions avoir une semaine de soleil intense sur une épaisse couche de poudreuse : le rêve !


Sous l’abribus au Grand Bornand, en attendant la navette, nous ne nous connaissions pas encore mais déjà tout le monde se parlait, s’entraidait, commentait le paysage surprenant en se risquant à aller rapidement photographier ce que nous ne voyons jamais chez nous : la neige !

Lorsque nous arrivons à l’Auberge nordique, ce dimanche, il fait encore jour ; nos chambres nous sont attribuées, et Mathilde et Michel nous y conduisent : chacun s’installe à son rythme. Certains ressortent voir les environs, descendent jusqu’au petit cours d’eau…

Nous nous retrouvons à 18h pour une réunion d’information, puis au restaurant à 19h pour un pot d’accueil et le discours de Daniel, le directeur qui, entre autres, nous relate l’histoire de l’Auberge nordique… récemment agrandie, rénovée, et qui peut accueillir jusqu’à 160 personnes… ce n’est plus celle que Mathilde et Michel avaient connue lorsqu’ils y étaient venus, en famille,

dix années de suite (quel bonheur pour eux, et pour Océane et Cassandre !!)

Et nous voilà donc aujourd’hui, nous, petit groupe de 17 vacanciers, invités à arpenter cinq jours durant des sentiers recouverts de neige entre la chaîne des Aravis et le massif des Bauges, avec comme repères la Pointe Percée et au loin le Mont-Blanc, en revenant prendre des forces chaque soir dans cette chaleureuse Auberge au fond de la vallée, à 7 km plus haut que le Grand Bornand.




Lundi, 1er jour, avec notre moniteur accompagnateur Pierre, qui nous guidera toute la semaine, nous faisons nos premiers pas en raquettes, autour de l’Auberge en montant à travers la forêt avant de redescendre en direction du Grand Bornand, toujours à l’ombre dans cette vallée où le soleil, à cette époque de l’année, n’apparaît pas avant midi ! Nous sommes au pied de la chaîne des Aravis, nos photos sont naturellement en noir et blanc, mais nous apercevons des traces d’écureuil dans la neige, et certains voient une hermine jouer à cache-cache devant eux…

Après le repas de midi à l’Auberge, où le soleil brille maintenant derrière les baies vitrées, nous montons en bus au Chinaillon. Là, nous marchons en raquettes dans la neige fraîche et toute douce, une poudreuse accueillante qui amortit nos chutes en douceur quand le bâton se prend dans la raquette, et qui nous empêche de nous relever car le moindre appui s’enfonce dans la neige : on a besoin les uns des autres pour se remettre debout !





Le mardi est une journée exceptionnelle, qui s’ouvre sur un phénomène que personne, ni les randonneurs, ni les guides, n’avait jamais vu ! Mathilde nous dira « Shakespeare en a parlé ! » … Certes !

En sortant du bus, saisis par un froid glacial, chacun est préoccupé par la façon de chausser ses raquettes sans glisser sur la neige verglacée. Mais peu à peu des exclamations en chaîne font que tout le monde a bientôt les yeux levés sur un triple arc-en-ciel : le premier forme un cercle quasi complet à l’horizon ; au-dessus de lui, un deuxième arc encore, au sommet duquel un troisième s’élance vers le ciel. L’ensemble, aux couleurs du spectre, forme un immense cercle surmonté de deux arcs en X, jetés dans le ciel comme les tracés d’un grand mathématicien… Nous sommes transportés d’émerveillement, tous avec nos appareils à tenter de capter les formes et les couleurs d’un miracle aussi improbable qu’un mirage !

La séance photo dure un moment…



Notre guide, coaché par Mathilde, a été prévenu qu’avec notre groupe il faudrait prendre son temps, le temps pour marcher, le temps pour faire les pauses et vérifier les glycémies, le temps pour admirer les beautés de la nature, le temps pour prendre les photos… ce qui nécessite à chaque fois de retirer et de remettre les gants !

Enfin, nous nous résignons, à regret, à quitter le parking gelé, et au fur et à mesure que nous montons sur le chemin à travers les arbres, nous continuons à voir le parhélie, et tout autour de nous des scintillements suspendus dans l’air, formés par des particules d’eau glacée qui brillent au soleil levant. Un véritable enchantement. Chacun sait que la journée sera magique.

Et elle l’est ! Nous montons au Plateau de Beauregard. Toute la journée le soleil brille. Pause déjeuner près d’un chalet en bois. L’après-midi, le Mont-Blanc en vue.



Le lendemain matin, mercredi, c’est jour de marché au Grand Bornand. Chacun y va, s’il le veut, et comme il veut, à pied (2 h de marche), ou en navette (20 minutes).

L’après-midi, Sandrine, qui a testé courageusement deux jours durant le ski de fond dans un groupe de faux-débutants d’un niveau plutôt confirmé, rejoint notre groupe des randonneurs en raquettes, pour une promenade très peu sportive et un peu glaciale. Nous sommes devant la falaise de La Culaz, et là, nous allons admirer un groupe d’une trentaine de chamois, des adultes, des jeunes, se déplaçant tranquillement sur le flanc de la montagne à la recherche d’herbes et d’écorces. Un peu plus tard, et cette fois à notre hauteur et encore plus près, ce sont des bouquetins qui vivent sous nos yeux leur après-midi tranquille, descendant les rochers, remontant les pentes, certains entrechoquant leurs cornes émettent un bruit de bois qui résonne jusqu’à nous.

Le soir, à l’arrivée, une autre sortie insolite nous attend : une promenade nocturne au clair de lune, guidée par Florence, qui nous emmène dans le fond de la vallée, passant sous les arbres, enjambant des ruisseaux couverts de neige, jusqu’au dernier chalet, et revenant du côté de l’Auberge à flanc de montagne, dans la neige argentée où chacun est invité à « faire sa trace » pour descendre jusqu’au chemin du retour. Cassandre, qui toute la journée fait du skating, ce soir nous accompagne !

Soirée réconfortante à l’Auberge. Après le repas, les conversations ponctuées d’éclats de rire se

poursuivent jusqu’à ce que les convives soient invités à « passer au salon ». Par petits groupes, certains vont jouer à des jeux de société et font résonner encore toute l’auberge de leurs éclats de rire, d’autres organisent et répondent à leurs mails, comme Mathilde, certains discutent dans les canapés, tandis que d’autres enfin montent dans leur chambre.






Jeudi, grande promenade à la journée avec pique-nique le midi, jusqu’au Plateau de Samance.

Cassandre continue à faire du skating, et Sandrine adopte les raquettes et reste avec nous.

Le soir, Claudie et Daniel ont programmé un film qu’ils nous font découvrir : « L’extraordinaire photographe animalier Vincent Munier » ou « L’éternel émerveillé ». De quoi donner envie à ceux qui ne l’ont pas encore vu d’aller voir « La panthère des neiges », sorti le 15 décembre.


Vendredi, dernier jour déjà, une journée entièrement au soleil, côté sud de la chaîne des Aravis, en Savoie. Nous avons passé le col des Aravis. A l’horizon, le Mont Blanc, et à sa gauche, l’Aiguille

du Midi. Nous sommes à la frontière entre Savoie et Haute-Savoie. Comme chaque jour, Pierre nous décrit la montagne, nomme les sommets, les combes, nous raconte les alpages, la vie des habitants, le rythme des saisons, ses brebis…

Le midi, il nous propose de la soupe, du café, et ce jour-là une petite goutte d’alcool de prune ; bientôt tout le monde se met à entonner « Que la montagne est belle » de Jean Ferrat….

Pour échapper à la nostalgie du départ, une belle soirée nous est offerte qui vient conclure cet inoubliable séjour :

- Un apéritif tout entier préparé par Michel et Mathilde, au salon, accompagné par les chansons du guitariste et chanteur Vincent,

- Suivi d’un repas en compagnie de notre moniteur Pierre, et la suite du concert pour terminer la soirée…


Ainsi s’achève notre séjour « Grand Bo 2022 ».

Chacun reprend la route et son chemin, le samedi, mais nous restons unis dans le souvenir de ces merveilleux moments partagés.

Nathalie


"Je suis partie avec mon amie Isabelle et nous nous sommes retrouvés à 17, tous différents et bien ensemble. Quel séjour ! du soleil, de la neige fraîche, des paysages magnifiques, une auberge accueillante, un guide sympathique et attentionné, Mathilde veillant à notre bien-être, Michel toujours là avec ses boutades... des soirées mémorables à jouer aux cartes jusqu'à éteindre les lumières de l'auberge... et les "private jokes" ne seront pas rendues publiques. On y retourne !"

Florence





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